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Malgré son affiche minimaliste, Mister Bad Cop est un monument d’ultraviolence. L’histoire se déroule à Abandon, une petite bourgade dans Nevada où le sheriff  Kringle applique la loi d’une main de fer. Intimidation, chantage, passage à tabac, torture, tout lui est bon pour faire régner l’ordre. Le Sheriff Kringle a aussi ses habitudes au bar local, où il  passe ses soirées à se faire éconduire par Jessica, la serveuse de l’endroit. Lorsque James, l’amoureux de Jessica est surpris en flagrant délit de cambriolage par le sheriff, celui-ci est bien décidé à faire payer à l’amoureux le prix fort de ses échecs sentimentaux. S’ensuivent alors des séquences de tortures non-stop jusqu’au twist final, aussi renversant qu’improbable et que le mode anti-spoil activé ici m’interdit de dévoiler.

Mister Bad cop est un film hybride, le chainon manquant entre Blake Edwards et les snuffs movies.

Le personnage de Kringle, magistralement interprété par Bob Steiner sosie d’un John Goodman sous acide, porte le métrage à lui seul sur ses épaules. Il faut voir l’effroi que provoque chaque tremblement de sourcils, tics préludant au déchainement de violence assermentée « au nom de la loi ». Quant au tout jeune Jimmy Bronco dans le rôle de l’amant martyr, il est tout simplement époustouflant de compassion et l’empathie  générée restera longtemps dans l’esprit du spectateur.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec Mister Bad Cop, le jeune réalisateur (30 ans à l’époque) Bob Deville y va potard à fond, inspirant même dans ses élans les futures Tanrantinades de Reservoir Dogs. Gros plans sadiques sur l’œil crevé façon Bunuel, mais aussi plans suggestifs, il déplie une palette riche en nuance de poésie et cruautés. Difficile, après cela, de réaliser que c’est ce même homme qui réalisera vingt ans plus tard, le familial « My Baby Honey » avec en tête d’affiche… un koala !

Cinq ans avant Massacre à la tronçonneuse, le studio prouve sa capacité créatrice et lance un genre nouveau : le survival en plein désert.

George Miller ne s’y trompera pas lorsqu’en pleine présentation de Fury Road, il déclarera à Cannes :

 « Mister Bad Cop préfigure toute mon œuvre. »

 

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